Treillage invisible
Au niveau subatomique comme biologique, le monde existe sous la forme d’un réseau complexe de champs vibratoires en interaction dynamique avec les systèmes moléculaires. Matrice indivisible sur laquelle s’appuient toutes les médecines énergétiques dans une médiation unitaire du Ciel et de la Terre.

Lors de son retour sur terre de la mission Apollo XIV, l’astronaute Edgar Mitchell a vécu ce sentiment de connectivité, comme si toutes les planètes et les êtres vivants étaient “reliés par un immense treillage invisible”.

A travers le hublot du kittyhawk où la Terre se montrait par intermittence, sphère minuscule confondue dans la nuit étoilée, le ciel existait comme une entité unique et immense berçant la Planète Bleue de tous côtés. La solennité du moment empêcha Mitchell de respirer normalement, et même s’il continuait d’appuyer sur les boutons, il se sentit à distance de son corps, avec le sentiment que quelqu’un d’autre pilotait. Il eut l’impression d’être en présence d’un énorme champ de force qui reliait tous les hommes, leurs intentions et leurs pensées à toute forme animée et inanimée de matière ayant existé.

A cet instant, il sut que tout ce qu’il ferait ou penserait aurait un impact sur le reste de l’univers. Que tout événement dans le cosmos aurait un effet similaire sur lui. Le temps n’était qu’une construction mentale. Tout ce qu’on lui avait enseigné sur la dissociation entre les êtres et les choses lui parut faux.

Les accidents, les intentions individuelles n’avaient pas de réalité. L’intelligence naturelle qui prévalait depuis des milliards d’années et qui avait créé les molécules de son être, était également à l’origine de son voyage sur la Lune. Ce n’était pas quelque chose qu’il comprenait avec sa tête, mais plutôt une irrésistible sensation viscérale, comme si son corps allait toucher aux confins de l’univers par le hublot.

Certes, il n’avait pas “vu” Dieu, même si la portée spirituelle de cette expérience avait été une Révélation de sens, ce que la Tradition orientale qualifie d’ “extase d’unité”. Dans son module spatial de commande, à 400 000 kilomètres de chez lui, Edgar Mitchell avait ressenti l’Impermanence.

Malgré tout ce que Mitchell avait appris au MIT sur la nature de l’univers, la biologie lui semblait soudain rester embourbée dans une vision du monde dépassée. Cette expérience fulgurante avait ébranlé un grand nombre de systèmes de croyances et de certitudes. C’en était fini du modèle fondé sur la vision newtonienne classique de la matière et de l’énergie, selon laquelle des corps distincts évoluent de façon prévisible dans un espace vide, et sur la vision cartésienne de séparation du corps et de l’esprit. Fini, de la conception des corps dont la forme ne serait que le résultat des codes génétiques, de la synthèse protéique et des mutations aléatoires.

Quant à l’approche de la conscience, elle ne pouvait intégrer la complexité de l’être humain comme le résultat d’un simple “mélange” de substances chimiques et de cellules cérébrales.
En appliquant la théorie des quanta à la biologie, c’est tout le paradigme de la science matérialiste qui s’effondrait. Dans l’univers d’interconnectivité qu’avait ressenti Mitchell, l’élément le plus essentiel était la Conscience vivante qui l’observait.

Marc J. PANTALACCI

(Tous droits réservés Univers-Spirale © – Printemps 2007)

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Lao Tseu