Vieillir, un processus de conscience
Les découvertes de la physique quantique - selon lesquelles il n’y a pas de monde objectif indépendant de l’observateur - ont changé fondamentalement les données du vieillissement qui a cessé d’être réductible au seul niveau chronologique, de la naissance à la mort. Aujourd’hui, nous savons qu’il est impossible d’isoler une seule pensée ou sensation, une seule croyance - fondée ou non - qui n’ait pas un effet sur le vieillissement cellulaire. Esprit et corps sont un Tout indissociable. Une cellule âgée n’est-elle pas le résultat d’une conscience qui a “oublié” comment “rester neuve”?

Nos cellules sont constamment à l’écoute de nos pensées, et en permanence modifiées par elles. Ainsi, une dépression peut causer des ravages dans le système immunitaire, comme, à l’inverse, tomber amoureux peut le renforcer. Le souvenir d’une tension - qui dans le présent n’a plus de réalité - libère le même flux d’hormones destructrices que la tension elle-même.

Les scientifiques ont découvert que le temps n’a pas d’existence absolue. Seule existe l’éternité. Le temps, c’est d’une certaine façon, l’éternité quantifiée, l’atemporalité tranchée par nous-mêmes en menus morceaux (secondes, minutes, heures, jours, mois, années...). Ce que nous appelons temps linéaire réflète notre manière de percevoir le changement. Si nous pouvions percevoir l’immuable, le temps cesserait d’exister, puisqu’étant en dehors de la trame et du sertissage de la manifestation. Les lois de la causalité ont réduit l’homme au volume d’un corps enchassé dans la durée d’une vie. Nous sommes plus que ce moi limité par nos cinq sens. Au niveau de “celui qui perçoit à même la conscience”, le corps est sans âge et l’esprit immortel.

Comme l’a écrit le Dr Deepak Chopra, “la biochimie du corps est un produit de la conscience”. Dès lors que l’esprit influence toutes les cellules du corps, le vieillissement humain apparaît comme un processus fluide et variable ; il peut s’accélérer, se ralentir, s’arrêter momentanément et même s’inverser selon les individus. La remise en question de notre vision du monde est au centre du procesus de vieillissement, car rien n’exerce plus de pouvoir sur le corps que nos croyances, nos a priori, ces idées souvent erronées qui ont conduit le monde dans l’impasse actuelle.

Il nous appartient de réécrire le programme de vieillissement qui dirige nos cellules à partir des données du nouveau paradigme semées par Einstein, Bohr, Heisenberg et les autres pionniers du “Quantique des quantiques”. Prenons conscience que notre corps est composé non seulement de matière mais d’énergie et d’information qui sont l’expression de champs s’étendant d’un bout à l’autre de l’univers. Bien que chaque individu semble distinct et indépendant, nous sommes tous reliés à des réseaux d’intelligence qui gouvernent le cosmos. En cessant de croire que nous sommes victimes de la vieillesse, de la maladie et de la mort, nous pouvons apprendre comment métaboliser l’immuable, l’éternel, l’absolu.

Marc J. PANTALACCI

(Tous droits réservés Univers-Spirale © – Automne 2003)

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Lao Tseu