La Science au défi
Une véritable conquête de la science “, s’exclame triomphante la revue Science & Vie dans sa livraison de novembre. Pensez donc, chers lecteurs rationalistes - ou réputés tels - “non seulement le mental agit sur l’organisme, mais il parvient même à le guérir ! (...) les pouvoirs de l’esprit sur le corps sont irréfutables ”...

Si d’aucuns ne peuvent s’empêcher d’esquisser un sourire ou de crier à l’évidence, le fait n’en est pas moins notable : la science des cinq sens reconnaît à l’esprit la capacité de transformer le corps et d’exercer un véritable pouvoir sur le métabolisme ! L’approche globale de l’homme sort enfin des schémas réducteurs de la “pensée unique” à la faveur d’expériences validées par les tenants des neurosciences, de la biochimie, de la génétique et de l’imagerie médicale. Ainsi la science a-t-elle le sentiment qu’elle possède désormais les moyens de jeter quelque lumière sur ce lien mystérieux longtemps resté dans l’ombre qui unit la psyché et le corps. Un lien que de plus en plus de chercheurs soumettent à l’expérimentation, principalement aux Etats-Unis où l’Institut national de la Santé consacre à ces recherches plus de 10 millions de dollars par an.

A force de scruter les arcanes du vivant, les preuves s’accumulent lorsque le seul jeu de la pensée déplace des millions de molécules, sculpte de nouvelles formes dans le cerveau, structure des interactions cellulaires et moléculaires inédites... Autant de phénomènes “scientifiquement démontrés” qui témoignent de manière troublante que l’esprit a bel et bien une action sur la matière. Et que rien ne les sépare, quoi qu’on en pense.

Certains scientifiques l’on bien compris, constatant à l’instar de Michael Irvin, directeur du Centre de psycho-neuro immunologie Norman Cousin à Los Angeles, que “le dialogue esprit/corps occupe aujourd’hui une place essentielle dans la compréhension de l’homme et suscite des centaines d’expériences à travers le monde”. Expériences aussi étonnantes qu’atypiques faisant appel aux pratiques de la Tradition comme la méditation transcendantale pour faire baisser l’hypertension, la stimulation mentale pour décupler la force musculaire, l’hypnose en limitant le recours à l’anesthésie générale classique mais aussi d’éviter de recourir à la panoplie des anxiolytiques, le soutien psychologique pour stimuler les défenses immunitaires (un vaste programme mis en place dans l’Ohio a révélé que redonner le moral à des femmes opérées d’un cancer du sein dope leurs globules blancs !).

On apprend aussi que la chirurgie placebo améliore l’état des personnes souffrant de la maladie de Parkinson (expérience menée dans un hopital du Colorado), que de simples exercices de concentration sur le rythme cardiaque ont pour effet de diminuer les crises d’athme (expérience validée dans un laboratoire du New Jersey), que la réalité virtuelle soulage la douleur des grands brûlés (test mené à Seattle en immergeant le patient dans un univers 3D glacé !). Cette dernière technique peut servir de base à une thérapie contre la douleur en apportant un soulagement durable.

La plupart de ces expérimentations font appel à des états modifiés de conscience (EMC) se traduisant par des variations de la fréquence des ondes cérébrales mesurées par électroencéphalogramme et visibles par les techniques de l’imagerie médicale. Mais c’est dans le domaine de la psycho-neuro-immunologie que l’on parvient le mieux à déchiffrer le dialogue permanent entre le cerveau et le corps à travers l’échange de messagers chimiques, les cytokines, agissant de concert avec la réponse immunitaire des globules blancs.

Pour autant ce n’est pas “le cerveau qui secrète la pensée” pas plus comme l’affirment les matérialistes, que la pensée est “un évènement” produit par le corps lui-même”. Car c’est ignorer le principe premier de la transcendance, cette Intelligence universelle à l’origine de toute création, des amas de galaxie à la molécule d’ADN.

Marc J. PANTALACCI

(Tous droits réservés Univers-Spirale © – Hivers 2004)

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Lao Tseu