Il y a dix ans, l’hypothèse des “champs morphiques” du biologiste de Cambridge Rupert Sheldrake avait donné à la science une réelle bouffée d’énergie, bouleversant notre vision du monde. Cette hypothèse se fonde sur le postulat qu’à chaque forme correspond un champ qui se rit de l'espace-temps, une sorte de “passerelle vers l'éternité”, sachant que plus une forme se matérialise, plus son champ est fort. Ce qui confère à la conscience humaine toute sa responsabilité et fait dire au Maître zen Taïsen Deshimaru que “votre posture de méditation influence le monde entier”.
La morphogénèse touche en fait toutes les formes auto-engendrées, des cristaux aux embryons, du langage à nos comportements. Tout bouge, évolue. Nous sommes influencés par des "champs de forme" depuis l'hors-espace-temps, mais nous influençons ces champs en retour - comme si l'idée divine nous modelait tout en étant modelée par nous en permanence.
Ces champs - immatériels - contiennent des informations structurant la matière qui n'est, en réalité, que la manifestation de ces champs, écrit Jacqueline Bousquet. “Pour changer la matière, il faut changer les champs en apportant ou enlevant de l'information. Les champs morphiques sont par définition créateurs des formes stéréochimiques lesquelles, dans le vivant, se transmettent par des clés - les hormones par exemple - et des serrures, (récepteurs). Dans le cas des manipulations génétiques qui déforment les molécules, clés et serrures sont incompatibles provoquant des réactions du système immunitaire”.
Les champs représentent le principe formatif. L'énergie, l'autre grand principe physique peut prendre toutes les formes, lumière, chaleur, énergie chimique. Les électrons, protons, atomes, ne sont qu'énergie contenue dans des champs.
“Pour retrouver un monde vivant, nous avons besoin de retourner à la vision animiste du monde qui subsiste dans de nombreuses Traditions, souligne R. Sheldrake. Le christianisme possède les mêmes racines. Dieu EST la nature, et en même temps il la transcende”.
Dans la trinité chrétienne, on retrouve l'enlacement de Shiva et de Shakti avec l'Esprit et le Verbe. L'Esprit est le principe dynamique, l'énergie. Le Verbe, lui est le principe qui donne la forme, l'ordre, les propositions. Le mot prononcé donne signification et forme. Mais il n'est pas possible de prononcer des mots sans le Souffle. Et les deux ont une source commune : celui qui parle, c’est à dire le Père. Le Fils est ce qui est parlé, ou connu, le Verbe. Le Souffle est la relation entre le connaissant et le connu, l'extase du savoir, l'Esprit. Ces même principes trinitaires, on les retrouve dans la Nature.
Le mystique Nicolas de Cuse ne disait pas autre chose lorsqu’il écrivait : "La divinité est l'enroulement et le déroulement de tout ce qui est. La divinité est dans toute chose, de telle sorte que toute chose est la divinité."
Cette notion d’enroulement est en réalité trinitaire. Comme dans la dualité mâle et femelle, Yin Yang, unie dans un même cercle, qui est le Tao. L'un intègre le deux, donc cela fait trois. Mais les trois éléments de cette trinité ne sont pas identiques, c'est l'unité plus la dualité qui donne la trinité.
